LA COUCHE EST PLEINE

Le quotidien extraordinaire d'un jeune père anonyme

jeudi 12 novembre 2009

La pizza au poisson

PizzaC'est une petite fille blonde, à couettes. Elle pousse la porte de la crêperie-pizzeria, seule, cartable sur le dos. Elle referme minutieusement la poignée derrière elle, s'élance comme un chat vers la serveuse qui se penche pour lui claquer une belle bise. La serveuse, c'est sa maman. Le mot n'est pas prononcé, mais on le devine dans les deux regards. La mère n'a pas encore eu le temps de nouer son tablier, vu qu'il est à peine midi et que l'établissement vient d'ouvrir. Il fait d'ailleurs un peu frisquet, le radiateur électrique bourdonne depuis peu derrière ma chaise. Nous sommes dans l'unique bourg d'une petite île bretonne. Hors-saison. Il n'y a que Ma Douce et moi dans la petite salle. Nous avons interrompu notre lecture de l'ardoise pour observer cette jolie scène : la fillette rentrant de l'école pour s'attabler face à une armada de stylos feutres de couleurs et un set de table en papier retourné pour dessiner. "Tu veux quoi ?", lui demande sa mère. "Une pizza au poisson !" scande le petit estomac à qui il manque les deux dents de devant. Aussitôt, un soleil de midi aveuglant a éclaboussé comme une vague le carrelage de la pièce. La maman a disparu derrière le comptoir pour lancer la commande. La petite a commencé un dessin en se tenant le menton. Là, je pourrai écrire qu'autour d'elle il y avait un océan d'amour à s'en faire péter les poumons mais j'ai la flemme. J'ai hésité à commander la même pizza qu'elle. Aurait-elle le même goût que la sienne ? A la place, j'ai demandé un pichet de blanc et une Calzone pour avoir le bide lesté. Il était tôt, mon appétit somnolait encore mais s'agissait pas de gerber sur le bateau du retour, qui partait dans une heure. On laisserait alors derrière nous trois jours hors du temps sur ce rocher, loin du boulot et loin de La Petite, qu'on avait laissée à ses grand-mères...

A suivre : des trucs du genre "Comment s'occuper quand il pleut sur une île où il n'y a pas grand chose à faire à part picoler dans les bars ?" (ah, merde, j'ai répondu), "Comment savoir si on est des parents vraiment indignes (ou pas) ?" ou encore "Où croiser des mannequins unijambistes et entendre des histoires de seaux à merde ?" ...

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lundi 9 novembre 2009

C'est la fin...

01_couples_incommunicationEh oui. Game over, finito, zi ènde. C'est la fin.
La fin des vacances. Une semaine en Bretagne hors-saison, pour faire le plein de pluie pour les 365 jours à venir. Fallait bien que ça se termine. Un point positif : j'ai des trucs à vous raconter. Forcément. J'ai même pris des notes sur un cahier. C'est pour les jours qui viennent, les nouveaux posts. Là, c'est une petite remise en jambes, pour rassurer les fidèles qui s'impatientaient et moucher les pessimistes qui pronostiquaient un plaquage (ça viendra peut-être, mais c'est pas pour cet hiver, a priori, et puis d'ailleurs c'est toujours moi qui plaque, pas l'autre).
Les causes de ce mois entier sans nouvelles ? Too much work, trop de taff, pour les non-anglophiles. J'avais déjà mis le monde au parfum, en confiant dans un précédent billet que ça trimait sec en salles des machines, là où Papa part bosser sans son masque). Je reconnais que La Couche est pleine a pâti de mes journées chargées, et en premier lieu, en plus.
C'est con, je devrais pas le dire, mais vos commentaires et même les quelques petits messages reçus en privé - m'ont super touché. J'en ai presque eu une petite érection, oh, pas longtemps, mais sincère. Alors que ce soit bien clair entre toi et moi, cher public : Papa ne jette pas l'éponge. Mieux : il t'embrasse. Avec la langue.

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vendredi 9 octobre 2009

Appel à témoins : à la recherche de l'oiseau rare

Man1

Ah que coucou !

LOOOOOL !!!

T'as vu ? Nan, je te parle pas de cette photo de moi, collée là juste pour affoler l'audience. Nan. Je te cause que c'est la première fois que je lol sur ce blog. Bon, ça fait ni du bien ni du mal, au final, je voulais le faire depuis quelque temps, pour tout te dire. D'ailleurs, on dit "loler" ? Je sais même pas.

Mais peu importe on s'en branle ouh la pardon, j'ai failli écrire un truc vulgaire (en même temps tu fais ce que tu veux devant la photo), il s'en est pha fallu de peu. Je viens te parler d'un truc qui se passe depuis quelques jours. Un truc que si tu viens souvent par là, t'es déjà au jus. C'est une journaliste qui m'a envoyé un mail parce qu'elle fait une émission pour la télé. Bon. Son mail était bien tourné. Visiblement - et pour une fois - c'était quelqu'un qui avait VRAIMENT lu au moins plusieurs posts de La Couche est pleine. C'est pas comme sa "consoeur" au rabais de l'autre jour (voir plus bas). Elle voulait qu'on cause au téléphone du blog, des papas, tout ça... C'est ce qu'on a fait, mercredi. Elle m'a dit qu'elle kiffait bien ce bon vieux Till The Cat, et qu'elle voulait des gars dans notre genre devant sa caméra. Aïe. C'est vrai que sur le coup c'est flatteur, mais c'est pas trop l'esprit de la maison (dans Papa Anonyme, y'a Papa... mais y'a aussi Nonyme). Du coup, Camille (c'est son prénom), me demande si je peux relayer l'appel à témoins. Bah oui, c'est jouable. Voici donc sa petite annonce :

"Bonjour,

Camille, journaliste, je prépare un long documentaire sur les pères d'aujourd'hui (pour la chaîne TEVA). Derrière les mythes, les clichés, et les réalités, se cachent des papas qui font face à une évolution de la famille, du couple, et de la société en général. Pour raconter cette longue histoire, nous recherchons des témoignages, et entre autres, un papa qui décide de rester au foyer pour élever ses bambins. L'idée n'est pas d'enfoncer des portes ouvertes, mais de témoigner, du point de vue du père, de l'éducation des enfants. Alors si vous êtes prêt à en parler, mon contact : Camille, 01 40 26 07 74, ou camillerobert.tsvp@gmail.com. Merci d'avance !"

Voilà. Je précise que je touche rien pour l'annonce, hein malheureusement.

Allez, faut que j'y aille, j'ai Karine Le Marchand sur l'autre ligne. Dans mes rêves.

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jeudi 8 octobre 2009

Une photo de ma petite famille

En vrai, c'est la classe non ? Mon petit chez moi et la Famille Anonyme au complet ! (le gros ventre de Madame, c'est pas ce que vous croyez hein c'est à cause du chocolat et du vin). Enjoyez, les gens, c'est pour vous. C'est PARTAGE.

familleMASK

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mardi 6 octobre 2009

Karine Le Marchand, je ne suis pas ton homme-sandwich !

GeorgeCloone_Granitz_7769716
Ce serait vraiment plus simple et largement mérité si un comité d'expert(e)s me décernait, genre, l'Oscar du Papa le plus super, le plus drôle, etc... Au moins la messe serait dite, l'hommage coulé dans le bronze gravé dans le marbre. Et on pourrait aller picoler des kirs. Je dis ça en toute modestie va pas croire.

Mais non.

Au lieu de ça, on sonne régulièrement à ma porte à coups d'e-mails pour me cirer les Weston. Et là, c'est du grand, du très grand. Cela vient en général d'attachées de presse. Gagner un an de couches Pampers à condition de parler de la dernière campagne de pub (ah, merde, j'en ai parlé !), faire le trottoir pour Disney en diffusant sur mon blog la bande-annonce de leur prochaine pompe à blé... C'est à chaque fois ou presque affligeant de maladresse : ces gens-là sont tombés sur le blog, ont lu deux billets et se sont dit "tiens un bloggeur, ça nous coûtera pas cher". Et paf, dans le panneau. La ligne éditoriale ? Rien à cirer. Le truc parle de paternité, de bébés ? Allez hop, je te refourgue ma came sur les petits pots.
Vous vous souvenez ? Petit Bateau avait tenté le coup, j'en avais fait un post. Il y a quelques jours, une autre requête m'a fait hurler de rire. La voici, sans trucages :

Un visiteur de votre blog "LA COUCHE EST PLEINE" a souhaité vous contacter via le lien 'Contactez l'auteur' présent sur votre blog.

Voici son message :

Emission M6

Bonjour, journaliste pour la future émission de Karine Lemarchand "C'est ma Vie" qui sera prochainement diffusée sur M6 le samedi après midi sur le thème de la famille, je cherche à faire un documentaire de 30 minutes sur les relations beaux parents/beaux enfants. Vos textes sont très prometteurs sur ce sujet

Vous pouvez me contacter au
01 53 1X XX XX

Voilà. C'est même pas signé. Ah, si un peu. L'e-mail contenait un pseudo. Forcément, après avoir essuyé mes larmes en imaginant la mère de Ma Moitié allumant sa télé pour me voir déclamer "Ah ouais, les endives au jambon de ma belle-mère, le calvaire, je vous dis pas...", je lui ai envoyé ça. Tant pis pour le plan drague avec Karine Le Marchand, elle n'a qu'à mieux s'entourer :

Bonjour Paillette !

Merci pour votre intérêt mais...

Avez-vous bien lu les billets de mon blog concernant ma belle-mère ?

A votre avis, pourquoi suis-je un papa "anonyme" ?

Avez-vous une seule seconde pensé à sa réaction si elle découvre un jour ce que je dis d'elle, que ce soit par écrit ou, pire, pour les besoins d'une émission ?

Etes-vous sûre qe ce n'est pas un sujet sur la paix des ménages, que vous préparez pour Karine (mon idole, soit dit en passant) ?
;-)

Je ne comprends donc pas très bien votre démarche (laquelle n'est d'ailleurs que partiellement expliquée).

Restant à votre disposition pour toute question complémentaire,

Amitiés,

Papa Anonyme

Et même là, je crois que j'ai été trop sympa. Non ? 

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lundi 28 septembre 2009

Ma fille à Fleury-Mérogis

prison
J'aurai préféré reprendre du service sur ce blog avec de bonnes nouvelles, mais à cause de ce qui s'est passé ce week-end, vous aurez droit à l'inverse. Allons droit dans le buffet : je vais enfermer Ma Fille. Oui, vous avez bien lu. Je ne m'y attendais pas, si ça peut vous consoler. C'est la faute à la grosse caissière du Casitalia, la supérette ritale de mon quartier. Alors que Ma Sublime Partenaire et moi-même avancions la Mac Laren de Notre Magnifique Progéniture vers sa caisse, l'épaisse commerçante a commencé à roucouler. A trémoloter des cordes vocales. A remonter ses sourcils mal épilés le plus près possible de la racine de ses cheveux. Votre fille, qu'elle a de beaux yeux, qu'elle a de beaux yeux, elle répétait, délaissant le parmesan râpé et le paquet de riz arborio que je lui tendais. "T'es si mignonne que ton papa, plus tard, il va devoir t'enfermer !".
Sur le chemin du retour, silencieux, j'ai commencé à envisager la chose. C'est terrible, ce qu'elle venait de dire là. En même temps, il y avait peut-être du vrai, du vécu, là-dedans. Son père à elle l'a peut-être mise sous cloche, ou sous clé. Elle ne semblait pas en avoir trop souffert. Du coup, imaginons la chose... Quelle serait la meilleure option ? Fleury-Mérogis, Fresnes ? C'est pas trop loin de chez moi. Guantanamo ? C'est à Cuba, donc c'est bien pour les cigares. Quoique. C'est pas la porte à côté non plus. J'avoue que je ne sais plus où j'en suis, maintenant. Et quand je la regarde jouer seule dans son parc, tendant le bras à travers les barreaux en bois pour me donner sa petite souris en peluche (que je n'attrape pas, je ne peux pas pondre pour mon blog et m'occuper d'elle), je me demande si elle n'a pas déjà compris, si elle ne s'est pas résignée. J'ai l'impression d'être un geôlier. J'ai honte.

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vendredi 25 septembre 2009

Je suis pas mort, hein !

Arf... Voilà ce que c'est que de se laisser déborder par la rentrée, les zamis. Après des vacances la tête dans le goulot, c'est la tête dans le boulot (humour cinq étoiles). Cela devrait se calmer d'ici quelques semaines, c'est juré sa mère, mais faut bien faire bouillir la marmite. En même temps, vous serez d'accord, ce serait dommage de forcer la bête : si c'est pour avoir un post balancé par-dessus la jambe... Remarquez, c'est un peu le cas de celui-ci, mais c'est pour vous rassurer. Papa is là, but il est un peu dans les fraises. Et pis vous prenez pas la tête, hein, genre je divorce de ma nana ou des trucs du genre, de toutes façons je suis contre le mariage. Tout baigne à la maison. Allez, une vidéo pour la route. Je reviens vite. Je vais juste m'acheter un sandwich. Do, Coumba et les autres, si je suis trop long, je vous charge de mettre l'ambiance, OK ?

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mercredi 2 septembre 2009

Mon père, ce sale gosse

Vidéo repérée à peine démoulée sur LePost.fr ... Je vous laisse déguster.


Le Flamby
envoyé par serggioppepone. - Regardez plus de vidéos comiques.

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mardi 1 septembre 2009

Ma poussette dans tes langoustines

Fruits_de_mer

Je l'entendais encore, ce collègue de boulot, sûr de son diagnostic : "Aaaah mais tu vas voir ! L'air de la mer, les gamins, ça les calme direct, ou ça les rend hystériques. C'est tout l'un ou tout l'autre".
Bon. Trois semaines après la proclamation de ces propos d'expert, loin des moquettes bleu nuit du groupe de presse qui m'emploie, à des années-lumière des fontaines à eau et de leurs gobelets dix fois tripotés par d'autres avant de servir, je foulais avec Ma Moitié et La Petite un revêtement plus naturel (le plancher craquant d'une terrasse) et adoptais des breuvages plus souriants (une troisième bolée de cidre).

En clair, plan crêperie au bout d'une plage de galets rincée par des flots énervés. Galette complète andouille nickel. Mais pas de crêpe dessert afin de "garder de la place" : Ma Douce et moi, en bon parigots qui nous respectons, avions tenu à perpétuer la tradition instaurée entre nous à chaque arrivée en bord de mer et qui dit "vas-y aboule ton vieux plateau de fruits de mer fais pas ta pute". Réservation était faite pour le soir au restaurant de notre hôtel. En attendant, les minutes se diluaient dans l'océan. Au loin sur le sable gris, des surfeurs en combinaison tentaient d'apprivoiser des vagues grises qui n'en avaient rien à foutre d'eux. Le ressac ramenait nos buveurs de tasse par la peau du cul sur les galets, invariablement. Mais les mecs recommençaient. Vu d'hélicoptère, ça devait ressembler à une manif d'insectes obstinés en laboratoire. La plupart des sports me font penser à ça. Mais là n'est pas la question donc j'ai déporté mon regard vers la poussette de La Petite, accolée à notre table. Elle somnolait pépère. L'air de la mer, forcément. Bref, c'était les vacances. Ce soir, ce serait dîner en amoureux.

Diner

Une balade et une douche plus tard à l'hôtel, revigorés par les embruns et par un épisode assez pourri d'Un dîner presque parfait (où l'un des candidats, sans doute très atteint, refourguait des ENDIVES de l'apéro jusqu'au dessert), on s'est dit qu'on allait pas tarder. Sur notre lit, la petite suçotait la télécommande en l'agrippant de ses petits doigts. Son premier zapping. Zzzap, les endives. Zzzap, les infos sur iTélé. Zzzap, Patrick Sabatier sur France 2 dans un jeu intense où il faut deviner des mots. Et là, effroi ou lassitude, la mini-zappeuse hoquète pour se chauffer dix secondes puis HUUUUUUURLE à en faire péter les murs humides Bretagne de merde de la chambre. Ouille. Je lâche mon stick de déo Roc, enfile une chemise et propose de la mettre ("comme ça ce sera fait") dans sa poussette. Erreur. Les pleurs redoublent. Il faut agir. Je me glisse dans mes pompes et sors sur la terrasse pour promener La Furie tandis que Ma Douce cherche son vernis à ongle Dior fuschia. Cinq minutes. Dix minutes. La Petite pleure encore. J'en profite pour me demander si les mecs de Dior ne se sont pas inspirés d'un visage de bébé ulcéré pour pondre leur fuschia, tiens. Coup d'oeil à Mac_Larenla montre : 19 h 23. Dans sept minutes, elle est sensée ne plus moufter pour notre arrivée au resto. J'entame mon vingt-deuxième aller-retour lorsque le miracle se produit enfin. Quelques hoquets fatigués signalent qu'elle décélère. Puis capitule. Je repense à la prophétie de mon collègue et j'ai des envies de meurtre. Il est 19 h 32. A tous les coups, ils vont faire sauter notre réservation. On est pas à Paris, figure-toi, et le "quart d'heure parisien", c'est à dire être à la bourre tout en étant à l'heure, ici, ils doivent le jeter dans la benne avec les coquilles d'huître. On descend au resto dare-dare. Pourvu que La Petite ne nous joue pas le deuxième mouvement de sa symphonie rock, sinon je suis bon pour aller chercher des pizzas et des bières au bourg d'à côté, à dix minutes en bagnole. Sourires forcés à la maître-d'hôtel, donc.

-Bonsoiiir, chambre 212, nous avons une réservation...   

-Ah, mais je vois qu'il y a une poussette... Mmmh... Ce n'était pas précisé, ça ?

-Euh... Votre collègue, celle qui nous a conduit à notre chambre, a bien vu que nous avions un bébé... Euh... Je...

-C'est bon, suivez-moi, on va s'arranger.

Là, La Petite a étouffé un sanglot qui venait de loin et je me suis senti serrer les fesses assez fort.

Elle nous a finalement placés en milieu de salle en ôtant la chaise jouxtant la mienne pour que je puisse placer la poussette. Adieu la baie vitrée initialement préemptée, mais bon... Ce fut alors le cas de conscience des vacances. Menu du Capitaine ou pas ? Je précise : le Menu du Capitaine que nous avions repéré dès notre arrivée sur le menu affiché dehors comporte une entrée, un plat, un feuilleté au fromage ET un dessert qu'il faut commander dès le début du repas. En clair, si La Petite replonge dans ses vocalises dans le quart d'heure, au milieu du décortiquage des langoustines, on est mal de chez mal. Mort, le dîner.

Aussi joueurs qu'un candidat face à la question à 100 000 euros de Qui veut gagner des millions ?, on a commandé deux menus du Capitaine - sans utiliser le moindre joker. Huîtres, langoustines, bar rôti, feuilleté au fromage et coulant au chocolat, le tout escorté d'un Pouilly Fumé pas trop mal. Dur de gober nos coquillages et crustacés sans trembler. Dur d'entamer une conversation construite et détendue. Une vingtaine de paire d'yeux scrutaient la Mac Laren de Notre Rejetonne avec plus ou moins de bienveillance. Autour de nous, que des discussions feutrées, compassées, que les couples aient la trentaine ou soixante-dix ans. Manquait plus que la distribution de mules fourrées en synthétique à l'entrée et Louis La Brocante en fond sonore. Mais on a fFoucaultini par respirer un peu. La Petite, en effet, semblait enfin libérérée de son trop-plein d'iode Bretagne de merde. Comme elle était à côté de moi, j'ai même remarqué que ses babillages m'étaient directement adressés ! Elle me couvait du regard, m'enveloppait de sourires subtils que je ne lui connaissais pas. Le tête-à-tête, le plan love, n'était pas celui prévu, mais une opération séduction entre la fille et le père...

-Je ne suis pas jalouse, rassure-toi, a pacifié Ma Sublime Moitié, sur un ton Casque bleu.

Le repas s'est délouré sans heurts. Longuement. A coups de lampées de vin blanc. Un bon gros repas copieux genre IVe République, où tu sors grave balloné repu. Ma Fille n'a cessé ses oeillades et ses cui-cuis. Aller au resto avec un gosse ? Mais bien sûr qu'on ne le refera pas de sitôt, autant jouer à la roulette russe avec six balles dans le chargeur que c'est faisable.

On est sortis fiers mais encore un peu fébriles, sous les vivats mous et postillonnants des retraités du coin dînant à côté de nous. Une tablée de huit. Comment je le sais, que c'était des retraités du coin ? Ils ont tous commandé de la viande.

Posté par papa_anonyme à 12:08 - Je t'explique le truc - Commentaires [26] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 31 août 2009

Rentré(e) !

B_b_voiture
C'est pas tout ça mais un jour, il faut bien revenir. La preuve.
Tu vois comment ça fait, les boules de neige souvenir que tu secoue ? Là, c'est un peu identique : les vacances étaient cool, les paysages magnifiques, mais ça tourbillonne encore dans mes pupilles et il faut que la neige elle retombe un peu avant que je m'y remette. Le temps de me souvenirs de quelques trucs marrants à te raconter. Tourner sept fois le lasso en l'air avant de te scotcher comme au bon vieux temps putain la promesse de cow-boy que j'ai trop intérêt à tenir sinon la honte. Laisse-moi deux-trois jours et j'arrive !
PAPA IS BACK !!!!!!

Posté par papa_anonyme à 11:32 - Mon univers impitoya-ableuh - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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