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Vous le savez, vous pouvez vous brosser pour que je poste des photos de Ma Fille sur ce blog.

Je ne reviendrai pas là-dessus, j'en ai déjà parlé, prenez cinq minutes pour lire les billets postés avant. Par contre, là, c'est cadeau : le cliché ci-dessus représente bien Mon Chat. Combien de gens m'ont garanti qu'à la naissance de Ma Fille celui-ci tomberait aux oubliettes ? Qu'à la limite, je le refourguerai à la première vieille du quartier dès qu'il poserait sa truffe humide de tendresse sur la main boudinée du bébé ?

Tu parles. Je l'aime comme avant, mon gros rouquin. D'abord parce qu'il était là avant, ensuite parce qu'il assure bien depuis qu'on est trois humains à la maison. Pas tellement plus chiant qu'avant.

Quoique...

Endives au jambon de ma belle-mère, la suite !!! (Applaudissements nourris)

Vous vous souvenez des repas maigres de belle-maman pour permettre à sa fille de vite retrouver la ligne et à moi d'éviter le débordement de mes poignées d'amour en août prochain, sur la terrasse de sa maison de vacances, celle où, à moins de gagner au Quinté, ma petite famille et moi sommes condamnés à séjourner si l'on veut se brûler un peu l'épiderme.
En résumé : l'autre soir, c'était deux endives au jambon par tête (drapées d'1/2 tranche par légume verdâtre). Du Bordeaux pour faire glisser, Koh Lanta à la télé (j'aurai donné le trench Aquascultum que je viens de commander sur le Net pour être avec eux, à demi nu, perdu en Amazonie). Et au lit sans tarder. Détour par la case Lexomil - trois carrés comme chaque soir, je ne veux pas abuser ni devenir accro, quelques pages du journal intime de Jules Barbey d'Aurevilly dans la Pléiades et coliques. Pas pour moi, les coliques, pour Ma Fille. Plus fortes que le Lexomil : impossible de dormir. J'avais mal pour elle, empoté comme tout. Ma femme l'a prise pour la caliner (le lit de Ma Fille est pour le moment dans notre chambre). Entre deux secousses intestinales, apaisée, ma progéniture m'a laissé tâtonner vers la table de chevet, agripper mon I Phone et immortaliser deux ou trois moues sous-exposées. J'adore la prendre en photo. Las, à 4 h 30 du matin, la lumière était toujours allumée et Ma Fille dérouillait. Se tortillait. Moi itou, because impossible de fermer l'oeil. Cela m'apprendra à organiser des sessions photos à pas d'heure, après je suis au taquet, le cerveau prêt pour un Trivial Pursuit. Je me suis finalement téléporté sur le canapé du salon, l'oeil vissé au décodeur Alice et à ses chiffres oranges. J'ai fini par m'endormir vers 556 h 453 (j'y peux rien, ma vue se brouillait)... Jusqu'au moment où un bruit de mastication m'a fait sursauter. Quelqu'un bouffait dans l'obscurité, là, à quelques mètres de moi. Ma belle-mère ? Boulottant le reste des endives en cachette ? EFFROI. Si j'avais vécu aux Etats-Unis, je me serai saisi d'une batte en tâtonnant par terre, j'aurai fait valser le plaid et me serai levé, le torse conquérant. Mais bon, j'ai simplement fait craquer mon dos en me redressant, et j'ai allumé la lampe de lecture. Ampoule 100 watts, pleins phares dans la gueule. J'ai cligné des yeux. Sur le parquet, Mon Chat dévorait la barquette de jambon qu'il était allé se chercher lui-même dans le frigo (le joint de la porte bat de l'aile, on avait du mal fermer tout cela, d'où le festin improvisé du félin). Il baffrait à même le plastique. J'ai tangué entre colère et fierté. Finalement, ce fut de la fierté. Mon Chat était plus malin que nous tous : lui seul était parvenu à échapper à la milice bellemèrienne pour déguster du jambon autant qu'il en voulait. Une tranche et demi pour être exact. L'enfoiré.