paris_match
Ami(e) lecteur (trice), tu vois ce que c'est un mass murderer ? Non ? Alors reviens demain lire un autre post, je n'ai pas trop le temps de t'expliquer. Attends... Reste, ce serait bête de t'arracher alors que ce billet est garanti 100% action et frisson. Un mass murderer, c'est comme la tuerie du lycée de Colombine aux Etats-Unis. C'est un serial killer, mais en plein de morts d'un seul coup (on me dit dans l'oreillette que le serial killer peut faire plein de morts, c'est exact. Mais en tuant un mort à la fois, plein de fois de suite). Pff.... N'importe quoi, je me relis et je vois que je viens d'écrire "en tuant un mort à chaque fois", ce qui est impossible. Sûrement une étourderie. Sans doute la fatigue. La vraie. Celle qui me colle à la chemise depuis une bonne quinzaine. Celle qui me brûle les paupières et me donne parfois vaguement envie de chialer - pas longtemps, dix, vingt secondes - juste avant de descendre à la cantine. Genre mini-déprime larvée. Cette même fatigue qui a failli me faire écrire ces lignes du fin fond d'un pénitencier. Car j'ai bien failli péter un gros boulard à cause d'icelle, ce morning.
- Ah... on me fait signe dans l'oreillette que l'audience est en chute libre parce que je m'écoute trop écrire.
Donc, hop, droit au but :

La scène : Moi, qui arrive au boulot (la rédaction d'un magazine), marchant sur la moquette bleue du couloir, direction la machine à café. Il est 10 h 15, ce matin.
Une connasse collègue me coince entre son gobelet et la touche "Potage tomate" : "Aloooors, comment va Ta Fille ?"

Je la regarde même pas, vu que c'est le scénario de la veille qui se répète. On va me poser cette question environ 27 fois dans la journée. Je le sais déjà. Et ce matin, je suis une épave. Demi-bouteille de rosé la veille. Couché pas trop tard. C'était pourtant pas mon tour de garde pour le biberon de la nuit, mais Ma Moitié adooore calmer les hurlements de la petite à vingt centimètres de mon oreiller, à 4 h 30, ce qui n'aide pas pour se rendormir. Je crois qu'ils font des trucs de ce style aux mecs de Guantanamo, pour qu'ils parlent ou qu'ils arrêtent leur religion. Moi, ni l'un, ni l'autre, j'ai fini sur le canapé. Ce qui est un peu injuste (sauf pour le chat).

Donc, cette collègue, même pas je la calcule et je lui sors mon déjà tout prêt "Bah ouais super, super, elle va super, ça pousse vachement, elle a déjà un mois", tu vois. Elle repart un sourire débile aux lèvres, en parlant toute seule de sa grossesse à elle, qu'elle revoit comme un Etat de graisse grâce réécrit par Hollywood, avec zéro pour cent de vergétures et QUE des moments purs. Et Brave Pitt dans le rôle de son mec.
Bon.
biberonJe mets le magnétoscope sur pause et je t'explique le malaise. Jamais on ne me demande, à moi, ne serait-ce qu'une fois, si je vais bien. Je donne pourtant le biberon la nuit, yes, comme Ma Femme De Ma Vie, sans me rendormir comme une vache une princesse de neuf à onze. Ce week-end, j'ai même réparé la porte du frigo pour que le chat arrête de le prendre pour un distributeur de jambon Madrange (lire plus bas, si t'es nouveau par ici). Je fais les courses dès que je peux. Je suis une grosse feignasse côté vidage de lave-vaisselle (je fais semblant de pas me rendre compte qu'il est plein de trucs propres, je mets mes couverts sales dans l'évier et je jette un oeil discretos vers Elle pour vérifier qu'elle ne m'a pas grillé). Je suis en outre un vieux tire-au-flanc niveau lessives, mais il me semble que j'en ai bien chié profité pour aider Ma Belle lorque j'étais en congé paternité. Même que reprendre le boulot, c'était limite le troisième plus mccartney01beau jour de ma vie, après le concert de Paul Mc Cartney à Bercy en 1993 et la naissance de Ma Fille.


ALORS...



ALORS POURQUOI ON ME DEMANDE JAMAIS À MOI SI JE VAIS BIEN, SI NE NE SUIS PAS TROP CREVÉ, ETC... ETC... ?????
P.S. : I am not an animal, I am... A Human being. I am... A MAN !!! (un cadeau à la première personne qui trouve d'où vient cette citation). 

JUSTE UNE FOIS.

Tu comprendras donc pourquoi, à 17 h 42, j'ai béni la France, Ma France, de prohiber le port d'armes libre. Car si j'avais été doté d'un gun lorsque cette autre mollusque camarade de bureau s'est pointée, j'aurai fait gicler sa cervelle sur la moquette bleue. Puis j'aurai tiré au hasard pour faire un carton avec plein de morts.
Ce qu'elle m'a dit ?
-"Aloooooooors, comment va ta fille ? Oh, pardon ! Je suis pas très polie. On doit tout le temps de poser cette question. Mon pauvre, c'est pas très sympa, hein ?" (Là, je la fixe, les yeux embués comme un petit corniaud attendant sa carresse quotidienne. ENFIN ! Une maman qui se met deux secondes à ma place. Et qui va ME PLAINDRE UN PEU... !)
chien

... "Je voulais dire : comment va la maman ?"
, elle me fait.

J'en aurais chialé.

Pas toi ?

(Allez, envoyez les tomates...)