Ce matin, le réveil a sonné une heure plus tôt.
Il sonnera une heure plus tôt du lundi au vendredi, maintenant.
Aujourd'hui, c'était le Jour D.
Le D Day, quoi.
Une fois douché, habillé,  j'avais cette tête-là :
parachutiste
La classe, non ?
Ouais, je gère bien.
On s'est organisés. Ma Nana s'arrange pour finir le boulot plus tôt (son boss a dit "oui", à condition pour elle d'arriver plus tôt, il est quand même pas con, le directeur). Moi, qui ne suis pas obligé de pointer aux aurores (mais qui termine le taff plus tard), je suis en charge de la préparation du colis. A neuf heures, j'étais prêt. L'Opération Parachutage" pouvait commencer. Pile à l'heure. Objectif : remonter la rue, dix numéros seulement, sur le même trottoir, et transférer Ma Fille chez M. et Mme X., possesseurs d'un appartement où se déroule la garde partagée.

En gros, ça donnait ça :
tandem_parachutisme
Je sonne : accueil adorable. Le papa de la garde partagée - mon homologue, quoi - me paie même un café. La Petite passe de mes bras à ceux de la Nounou. Sourires. Nickel. Je commence à faire : Voilàààààà. Y'a tout dans le sac. De quoi la changer, bla bla bla....". Et là, un petit hoquet discret secoue le torse de Ma Fille. Il est suivi par un bref silence... Puis par des hurlements. "Papa va travailler, tu vas passer une super journée avec X. (la Nounou), et maman vient te chercher ce soir, d'ac ?" Elle m'a répondu en se débattant par des hoquets fébriles. Ambiance.
Ce qui est bien, quand t'es aux commandes d'une opé dans ce style, c'est que tu joues ton rôle à fond.
Le stress ? Connais pas. La boule au ventre d'avoir laissé La Petite, paniquée et en pleurs ? Vous rigolez ou bien ?
Exceptée cette poussière dans l'oeil qui m'est tombée dessus quand je suis sorti de l'immeuble, brouillant un peu ma vue, la mission s'est déroulée sans accroc. Comme j'aime.
Demain, on remet ça. Sans poussière dans l'oeil, bien sûr.