chanel
L'histoire du cadeau de naissance, le coup de la bague (lire ici), il fallait bien que cela me rattrape un jour comme la marée montante sur le touriste dans la baie du Mont Saint-Michel. Aujourd'hui donc, on est samedi. Ma Progéniture édentée vient d'avoir cinq mois, les vétérans flageollent en Normandie, la Fête de la Carte Bleue Fête des Mères c'est demain : trois bonnes raisons de sortir la Mac Laren pour filer en métro vers la rue du Faubourg Saint-Honoré. Haro sur l'anti H&M quartier. Chopard, Brooks Brothers, Loro Piana, Prada... Sur ce coup-là, on était pas vraiment en mode auto-flagellation Home d'Arthus-Bertrand, ni en trip repentance équitable et tout et tout. Plutôt en expédition Gold assumée. Boutique Chanel, nous voici. Il faut vous dire qu'entrer là-dedans avec la poussette, ça reste pas super raccord, quand même. OK, on avait à peu près assorti notre tenue au standing du coin (robe noire pour elle, veste grise pour moi), histoire de montrer à ces gros beaufs américains en casquettes Lakers et chaussures de running qui c'est qui a bon goût mais bon. Imperturbable, le portier nous ouvre, sourit à la poussette. Imperturbable, un vendeur nous sourit, les bras chargés de paquets, filant vers la caisse pour essorer la Visa d'une japonaise. Imperturbable, je sue abondament sous les bras, en souriant à chaque être humain apparaissant dans mon champ de vision. Tiens, une vendeuse. La joaillerie ? Bien sûr veuillez me suivre. Un peu empoté avec la poussette, je redouble de sourires. Sous ma veste, c'est la pub Axe et ses geysers. Les bagues sont belles. La suite ne vous regarde pas trop (qu'est-ce que vous croyez ?), à l'exception d'un truc assez inhabituel : La Petite se met à hoqueter, puis à franchement pleurer en plein chez Chanel. Ouille. Mon sourire est coincé, je n'arrive plus trop à l'ôter. Le portier se marre, dit que "C'est pas grave", que la sienne, de fille "a 24 ans" (on ne voit pas le rapport mais reconnaissons lui le mérite d'avoir tenté de décoincer l'atmosphère). Le vendeur du début repasse, en disant que "au moins, ça met de la musique dans le magasin". Bien, bien bien. Les rois de la réplique travaillent dans le secteur du luxe, apparemment. En fait, notre vendeuse tarde tant avec le paquet cadeau, que Ma Douce dégaine un biberon de son sac. Direct dans le bec de La Petite. Qui engloutit son quatre-heures entre escarpins, robes du soir et jus rares, Ma Nana s'étant du coup assise sur le rebord intérieur de la vitrine. So chic, baby. Bref, au cas où l'info vous intéresse : on peut donner le biberon chez Chanel. C'est pas un souci.
A bientôt, les gens.
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